parentalité_positive_bienveillante_émotions_potentialis
Famille Lifestyle Parentalité positive

10 choses que j’ai apprises en élevant 3 enfants et qui ont transformé leur comportement

J’étais assise dans l’escalier qui mène au sous-sol et je pleurais toutes les larmes de mon corps. J’étais complètement découragée.

Impulsivité_enfant_émotion_parentalité

 

J’avais peur.

J’avais totalement perdu le contrôle sur mes 2 enfants.

J’étais alors enceinte de ma troisième. J’étais fatiguée, très fatiguée.

Ce jour-là, comme tous les samedis, mon chum était parti travaillé et moi je me retrouvais seule avec mes tornades de 3 et 4 ans.

Je ne me souviens plus de l’évènement exact qui a provoqué mon effondrement. J’ai un vague souvenir de crayons de cire sur les murs.

Je me souviens aussi qu’ils s’étaient mis ensemble pour délibérément me mettre en colère. Ils me narguaient, riaient de moi. « Na na ni na nère ». Je ne sais plus trop.

Mon chum est arrivé sur l’entrefaite. Merci! Il a pris le relais et j’ai pu me ressourcer.

 

Un quotidien infernal

Quelques semaines après cet évènement, j’ai accouché de Flo, ma p’tite dernière. Quand elle a eu 3 mois, Maxou, mon aîné, était à l’apogée de son Fucking Four.

Maxou a beaucoup beaucoup d’énergie. Il est rapide et tire plus vite que son ombre. J’ai toujours été un pas derrière. Ça m’épuisait.

Il aimait bien attirer mon attention en écœurant son petit frère Mémé. Et quand l’harmonie régnait entre les 2, ils se liguaient contre moi.

 

Sérieusement, c’était l’enfer, et c’était mon quotidien :  

 

  • colère_enfant_émotion_parentalité positiveColères incontrôlables
  • Agitation excessive
  • Agressivité
  • Impulsivité
  • Opposition
  • Défiance
  • Violence
  • Destruction
  • J’en passe…

 

Mon aîné n’avait aucun contrôle de lui-même et moi, encore moins.

Il y a eu ce moment, où il a feinté me jeter une grosse pierre au visage alors que j’allaitais sa sœur. « Nan nan! T’as eu peur, t’as eu peur », me lance-t-il sur un ton baveux.

Peur? LA PEUR DE MA VIE, OUI!!! 

 

J’étais hors-de-moi. Je lui ai crié de toutes mes forces de s’en aller, que je ne voulais plus le voir. J’ai pleuré. Beaucoup. J’étais au bout de mes ressources.

 

Mon chum et moi devions gérer :

 

  • Maxou qui venait d’avoir 5 ans et qui ne contrôlait ni son énergie, ni ses émotions.
  • Mémé, 3 ans, un petit garçon vraiment adorable, mais campé dans un rôle de victime (de son bourreau de grand frère)
  • Un bébé naissant que j’allaitais, avec qui je faisais du cododo et qui n’aimait pas tellement contempler le plafond, mettons…

 

Si j’avais de la difficulté à gérer mes émotions, notamment en raison de la fatigue, que dire de mon chum.

 

Ce fut notre plus grand défi en tant que parents, crois-moi!

 

Le move qui a fait toute la différence

J’avais déjà fait quelques recherches sur la parentalité positive et bienveillante, sur la physiologie des problèmes de comportement et de la gestion des émotions. Nous avions mis quelques stratégies en place, mais rien qui n’avait eu d’effet wow. Ça nous prenait une approche plus globale.

 

Puis, une amie m’a parlé d’un docteur en neuroscience, spécialisé en problèmes de comportement chez les enfants, Joël Monzée.

 

On avait BESOIN d’une thérapie familiale.

famille_bonheur_parentalité_positive_bienveillante

Pour être franche, les 2 ou 3 premières séances m’ont un peu déçue. Je m’attendais à ressortir de là avec des stratégies d’intervention claires.

 

Dr Monzée a plutôt fait le constat que Maxou était un garçon normal. Que son impulsivité, son agressivité et ses difficultés à gérer ses émotions étaient tout simplement le résultat d’un cerveau immature. Qu’en fait, il était très allumé, intelligent et curieux et qu’il suivait le cours normal de son développement.

Bon. Ok.

Ça m’a pris quelques temps pour entendre réellement ce que Dr Monzée nous disait. Puis, j’ai fini par comprendre que la solution était en moi. Que c’était MA réaction devant les gestes de Maxou qui déterminait la suite des évènements.

 

Voici donc ce que j’ai appris de cette expérience.

  1. Mon plus grand défi en tant que parent, c’est de gérer mes propres émotions.
  2. Je dois guider mon enfant dans l’apaisement, puis dans l’observation et l’acceptation de ses émotions.
  3. Je ne suis pas là pour juger ni pour banaliser une émotion vécue par mon enfant. « Arrête de pleurer pour ça, c’est pas grave… » est l’exemple type d’une banalisation émotionnelle. Je choisis plutôt d’être empathique. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises émotions. Elles sont toutes valables et chacun a le DROIT de les ressentir. C’est ce qu’on en fait qui compte réellement.
  4. Je dois offrir une présence consciente à mes enfants. Leur donner l’attention dont ils ont besoin. Pour y parvenir, je dois me ressourcer en prenant soin de moi et dédier des moments 100% pour les enfants : pas d’écran.
  5. La partie du cerveau qui contrôle rationnellement les émotions (le lobe frontal) atteint sa maturité à 45 ans. Oui, oui! Tu as bien lu. 45 ANS!!! Sachant cela, j’accepte mieux que mon enfant et moi-même d’ailleurs, ayons de la difficulté à nous retenir lorsque nous sommes en colère.
  6. Les comportements violents sont inacceptables, mais c’est la façon la plus efficace pour Maxou d’évacuer sa colère. Je dois donc lui enseigner – en montrant l’exemple d’abord – d’autres façons de ventiler et de s’apaiser : respirations, retraits, cris dans un oreiller, méditations, verbalisation, huiles essentielles, etc.
  7. Nos enfants sont nos miroirs. Par leurs comportements, ils nous montrent exactement quels sont nos points faibles. C’est à nous de faire le travail pour pallier à ce point faible, et non à nos enfants de changer leur façon d’être. En corrigeant ce qui nous fait défaut, le comportement de notre enfant change systématiquement. C’est sidérant. Essaye-le.
  8. Je dois préserver l’authenticité de mes enfants en évitant de vouloir les changer pour qu’ils « fittent » dans le moule. Chacun est unique et c’est primordial pour leur confiance d’en être conscient et fier.
  9. Je dois enseigner la responsabilisation à mon enfant en lui donnant l’occasion de prendre des décisions pour lui-même, de réparer ses erreurs, de comprendre qu’il choisit la vie qu’il crée avec ses pensées et ses actions.
  10. Je choisis d’amener mon enfant à COOPÉRER, plutôt que de le menacer afin qu’il obéisse par peur.

Tout ça, c’est comment MOI j’ai changé pour mieux éduquer mes enfants. Il a fallu que j’affronte des comportements difficiles, qui m’ont montré la voie. Un passage obligé pour que je puisse croître? Assurément.

 

C’est le chemin que j’ai dû parcourir pour devenir une maman qui profite de la vie avec ses enfants plutôt que de la subir.

parentalité positive_famille_

Parce que oui, je subissais ma vie de maman. Je n’avais aucun plaisir.

 

J’avais peur de ce que mes enfants pouvaient faire, peur de perdre le contrôle sur eux, peur qu’ils se blessent, qu’ils me blessent, qu’ils détruisent nos biens matériels. J’avais perdu confiance en mes compétences parentales, l’herbe semblait tellement plus verte chez le voisin.

 

Ça me rendait si malheureuse parce que je les aime de tout mon cœur et que je veux le meilleur pour eux.

 

Je voulais avoir du fun avec eux, leur montrer à cuisiner, faire un herbier, jouer à la cachette. Tsé le genre de choses que les familles heureuses et épanouies font. J’étais plutôt dans la survie. Je ne vivais que des déceptions, je me comparais, je ne pensais pas qu’on s’en sortirait pour être honnête… Pour tout dire, je n’avais même pas le goût de prendre des vacances en famille.

 

Un après plus serein

 

Aujourd’hui, 2 ans plus tard, je remercie la vie d’avoir pu prendre conscience et surtout d’avoir pris action.

Je remercie la vie d’avoir mis Joël sur notre chemin. Parce qu’au final, c’est lui qui a planté la petite graine qui a peut-être mis du temps à pousser, mais qui est devenue un bel arbre fleurissant.

parentalité_bienveillante_posiitive

 

Est-ce que notre vie de famille est parfaite? Non. Pantoute.

 

Est-ce que je crie parfois après les enfants? Ouep!

 

Est-ce que je me sens poche comme mère? No! Plus maintenant.

 

Est-ce que je me sens coupable de prendre du temps pour moi, de ne pas être parfaite, de ne pas toujours agir comme je le devrais? Non, non et non! Yé!

 

Je constate tout le chemin parcouru et je suis tellement fière de nous. De moi, de mon chum et de mes enfants.

 

Parce qu’aujourd’hui, tout le monde accepte et contrôle mieux ses émotions. On les observe, on les nomme, on les accueille. On se laisse moins envahir. Les épisodes d’opposition et d’agressivité se font de plus en plus rares.

On a du plaisir avec les enfants. J’ai envie de passer du temps avec eux, de faire des legos, de regarder un film, de manger une bonne fondue au fromage.

 

Toutefois, on n’a pas enrayé la rivalité fraternelle. Mais comme le disait Joël : c’est tout à fait normal et sain. L’un et l’autre apprennent de cette dynamique. Ça les outille pour la cour d’école.

Bon ok. (J’ai encore du travail à faire pour accepter ça)

fratrie_rivalité_potentialis

Dans mon prochain billet, je te parle des trucs que nous avons mis en place pour aider physiologiquement nos enfants à se sentir mieux dans leur peau et donc à adopter de meilleurs comportements. Ne manque pas ça, c’est un gros morceau de notre succès.

 

Inscris-toi à mon infolettre pour recevoir mes billets de blogue dès leur mise en ligne!

 

P.S Je n’aime pas tellement exposer ma vie privée, encore moins celle de mes enfants. Mais avec du recul, je réalise comment mon expérience pourrait aider d’autres familles à cultiver leur bien-être. Et au final, la mission de Potentialis Mieux-être familial c’est ça.

 

Pour aller plus loin:

Le site web de Joël Monzée

Quelques lectures intéressantes:

Pour une enfance heureuse de Catherine Gueguen

Comprendre ce qui se passe dans son cerveau d’Isabelle Filiozat

J’ai tout essayé d’Isabelle Filiozat

The Conscious Parent (en anglais seulement) de Dr Shefali Tsabary

 

 

Tu pourrais aussi aimer...